Pour notre deuxième devoir créatif, nous pouvons nous inspirer de deux grands écrivains français : Henri Michaux ou Nathalie Sarraute. Les deux utilisent la littérature pour évoquer les mouvements intérieurs : émotions, sensations, imagination, ressentis... en lien avec l'expérience profonde et intime du corps.
Notre travail consiste à essayer de nous inspirer de leurs textes pour l'appliquer à une expérience personnelle. La structure du devoir est toujours double : 1ère partie, l'utilisation créative de la langue française. 2ème partie, l'utilisation analytique de la langue appliquée à son propre texte.
A l'issue des corrections de ce travail, nous pouvons vraiment voir comment les étudiants réussissent, à ce moment du semestre, à s'inscrire et se situer vraiment DANS la langue française.
TRAVAIL DE MADELINE :
VERSION FINALE
On est dans la voiture, tous les deux un peu nerveux. On
ne sait pas ce qui va se passer.
--Je ne me souviens guère ce dont on parlait. Avec lui
c’est toujours le fait d’être ensemble qui est le plus important. Je lui dis ce
qui m’arrive dans la tête. Même les choses les plus banales. Et il rit. Et il
réfléchit. Et il ne me juge pas. Il me connaît. Mais souvent on reste en
silence. Toujours ensemble. Mais dans le silence.
On sort du véhicule. Je le suis. Je pense qu’il sait où
on se trouve, où on va, et on marche dans une direction.
--Je ne me demande pas si c’est la bonne direction.
Par contre, je lui demande de traduire une affiche collée
sur un poteau téléphonique. C’est une annonce pour une vente de charité. Bref.
On continue. Il arrête, il fait un demi-cercle, il regarde le nom de la rue. Je
me rends compte que lui aussi il est perdu dans ce quartier.
--Pendant ces deux derniers jours, c’est toujours moi qui
le suis. Je suis dans un pays étranger, dans une ville inconnue mais je lui
fais confiance. Je me permets d’être menée…« On y va? » On va où? Je ne sais
pas. Je sais qu’il le sait. Et je le suis…Mais maintenant on est tous les deux
perdus. Perdus ensemble.
Il récite encore l’adresse. On tourne, on marche dans la
direction opposée, celle d’òu on venait. On passe la voiture, garée de l’autre
côté de la rue…mais plutôt au milieu de la rue…parce qu’elle est étroite. On regarde
les numéros des maisons. Je ne me souviens plus le chiffre qu’on cherchait mais
on le voyait pas. Enfin on trouve la bonne rue. C’est une colline.
--On ne sait pas exactement ce qu’on cherche, mais on
monte la colline avec l’espoir qu’on le trouvera au sommet.
--Qu’est-ce qu’il
y avait au sommet, en fait?
Une maison partagée en deux. D’un côté il y a un chiffre,
de l’autre côté il n’y en a pas. On reste dans la rue, devant cette maison
partagée. On réfléchit, on songe, on débat si on devrait frapper à la porte.
--Si ce n’est pas la bonne maison? que dirons-nous? Si
c’est la bonne maison? que dirons-nous?
Après quelques minutes, on a dépassé le temps où il est
acceptable de traîner devant la maison. Maintenant on paraît un peu bizarres, même
suspects. Le moment est arrivé. On a déjà fait ce voyage, on est ici, il faut
agir maintenant.
Mais je ne vais pas être la première qui frappe à la
porte.
--Je ne parle même pas allemand…imaginez la scène…
«Ok. Allons-y» je dis…et je le pousse vers la porte. Mais
je vais avec lui, et on s’approche de la maison ensemble.
--On est ensemble devant cette maison et dans cette
situation un peu étrange, un peu extraordinaire. Cependant, je ne m’inquiète
pas puisqu’il est avec moi.
Je le regarde.
--J’ai l’impression qu’il ne veut pas vraiment frapper à
la porte, mais je lui donne un sourire encourageant. Je sais qu’il ne
s’inquiète pas non plus puisque je suis avec lui.
Il frappe, on attend, on se regarde, on se sourit, on
attend. On entend quelqu’un là-dedans.
--Qui vient à la porte? serait-il choqué de nous voir? déconcerté?
Non, on a déjà sonné pour le prévenir.
C’est un jeune garçon très mince avec des yeux énormes.
Marius lui explique que je suis la sœur de Jacob et le jeune garçon (il
s’appelle Tom) semble très content de nous voir. Son père apparaît derrière
lui. Ils nous accueillent dans la maison. On traverse l’embrasure…cette fois-ci
c’est Marius qui me suit.
On forme un cercle dans l’entrée. Je reste près de
Marius. « Sie spricht kein Deutsch » il leur dit.
Ils ont l’air un peu surpris. Ils ne savaient pas. Mais
Tom et son père ne sont pas du tout énervés. Par contre, ils semblent contents
d’avoir l’occasion de parler anglais.
Donc on fait le tour de la maison en anglais. Ils nous
montrent la chambre où Jacob, mon frère, va demeurer.
«Ah oui, » je dis à Tom. « Et toi, tu vas demeurer dans
ma chambre quand tu viendras. » Ses yeux deviennent encore plus grands. Je me
rends compte ce que je viens de dire. J’ajoute rapidement: «Je serai pas là! Je
serai à l’université! » D’accord.
Il sourit, il se détend un peu. Je regarde Marius. Je sens que c’est le bon
moment de partir.
Je leur dis un gros merci. Je leur dis encore que Jacob a
hâte de venir en juin, et que ma famille aura également hâte d’accueillir Tom
chez nous en octobre.
Et on est dans la rue encore. On descend la colline.
D’abord on ne se parle pas. On n’ose pas. On attend. On marche vers la voiture,
toujours garée presque au milieu de la rue.
Sur le chemin de retour:
« C’était bien mais c’était un peu bizarre quand-même,
hein? »
Par exemple, le moment où ils nous ont montré leurs
animaux domestiques (un lapin et une tortue) en expliquant qu’autrefois il y
avait deux lapins et deux tortues?
Nous éclatons de rire.
« Non, mon préféré c’était quand ils nous ont montré la
salle de bain! »
On rigole. Puis on se calme. Marius conduit. La nuit
tombe. Je regarde le paysage qui passe par la fenêtre.
…
Quand j’étais de retour en France…sur Skype avec Marius:
« Chaque fois que je pense à Tom je ne vois que son
visage après lui avoir dit qu’il va demeurer dans ma chambre. »
On rit, chacun se souvenant du moment.
« Tu sais pourquoi on y est allé, Madeline? »
« Euhhh…. »
Il y avait eu un malentendu. Avant de venir en Allemagne,
Marius m’avait demandé si j’aurai envie de faire la connaissance de la famille
d’accueil de mon frère. Il m’a donné l’impression que ses parents connaissaient
un peu la famille déjà, donc j’ai dit: « Oui, pourquoi pas. » Cependant, quand
je suis arrivée à Hambourg, je me suis rendue compte que les parents de Marius
ne connaissaient pas la famille. Mais comme j’avais déjà dit que j’aurais plaisir
à la rencontrer, Marius les a appelés et a arrangé la visite. Tout cela pour un
petit malentendu.
Peu importe maintenant. Je suis contente d’y être allée.
Je connais un peu où mon frère va passer le mois de juin. Et Marius et moi,
nous aurons toujours ce souvenir de ma première fois en Allemagne: moi, lui, et
deux inconnus qui nous ont accueillis dans leur maison et qui nous ont montré
avec enthousiasme la salle de bain et un lapin et une tortue solitaires.
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Devoir Créatif Numéro Deux
Écrire à la manière de: Nathalie Sarraute
le 7 avril 2014
J’ai
décidé d’imiter le style d’écriture de Nathalie Sarraute parce que je l’ai
trouvé unique. Normalement, par rapport aux écrivains, on dit qu’il faut
trouver une voix. Il faut trouver une manière d’expression qui appartient à
vous seul. Cependant, Nathalie Sarraute a trouvé trois voix différentes pour «
évoquer [s]es souvenirs d’enfance » (Sarraute 7). Son œuvre ne concerne pas
simplement un écrivain qui écrit au présent les évènements du passé. Par
contre, elle a trouvé un moyen de reconstituer sa voix d’enfance et elle
juxtapose cette voix avec deux autres: la voix du présent de l’écrivain et une
autre voix plutôt littéraire. Prises toutes ensemble, ces trois voix permettent
au lecteur de suivre le même chemin que Nathalie suit en évoquant ses souvenirs.
Pour moi, ce qui intéressant dans cette méthode d’écriture c’est que Nathalie
est consciente du processus de la mémoire. Je crois qu’il est juste de dire que
la plupart des gens ont certains souvenirs qu’ils considèrent comme clé mais ils
n’ont jamais essayé d’explorer pourquoi ces souvenirs résident toujours en eux
dans le présent. Pour ce devoir créatif je voulais prendre conscience pour
moi-même du processus de la mémoire.
J’ai
choisi un moment assez récent dans ma vie qui (dans le présent du moment) me
semblait un peu « étrange, » un peu «
extraordinaire. » Cependant, j’avais la sensation que ce souvenir allait
devenir important et je voulais explorer pourquoi dans ce devoir. Un autre
aspect que j’ai ajouté à ce devoir c’était d’explorer l’idée de partager des
souvenirs avec d’autres. Est-ce qu’on peut avoir les mêmes souvenirs si on a
vécu les mêmes moments ensemble? D’abord j’ai essayé de me rappeler le chemin
du présent vécu par moi et Marius. J’ai fait un squelette, une sorte de liste
qui a compris l’action du moment. Qu’est-ce qui s’est passé et comment cela s’est-il
passé? Ensuite, j’ai essayé d’enlever tous les endroits dans l’écriture qui
était pure description et au lieu de « dire, » j’ai essayé de « montrer. »
Cette partie du travail concerne surtout le fait d’ajouter des détails. J’ai
cherché tous les endroits dans l’écriture où je pourrais ajouter une image
concrète et visuelle au lieu d’une description. J’ai essayé d’ajouter des
images concrètes et visuelles. En même temps, j’ai essayé d’ajouter « la voix
littéraire. » Je voulais que la voix littéraire fasse un commentaire sur le
partage des souvenirs. J’ai essayé d’explorer comment je me sentais quand
j’étais avec lui et de découvrir comment ce souvenir en particulier semblait si
important pour moi. Je savais que c’était un de nos premiers souvenirs ensemble
parce jusqu’à ce moment on avait communiqué au travers de moyens digitales et
on n’avait pas passé du temps ensemble. On était souvent dans le même moment
mais jamais dans le même espace physique. Ce travail m’a permis d’explorer
comment ces moments vécus à la fois dans le même moment et dans le même espace
ont changé la relation entre Marius et moi.
La
chose la plus importante que j’ai apprise en lisant le travail de Nathalie
Sarraute c’est que même si on ne peut jamais reconstituer la réalité du passé,
il fait toujours partie de notre présent. En écrivant, je savais déjà que
Marius et moi, nous sommes ensemble dans le présent. Mais on était ensemble
dans le passé aussi et ce travail m’a permis d’explorer comment ce passé vécu
ensemble contribue à notre présent vécu ensemble.
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TRAVAIL DE RUHEE :
11 Septembre 2001
J’ai vu une fois, de mes vrais yeux, un professeur
utilise un portable quand un grand étudiant était blessé.
Je mange mes céréales pendant que je regarde mon
émission préférée. Je suis assise sur la table dans ma chaise, je balance mes
jambes en arrière et en avant. Les céréales au chocolat ont toujours le
meilleur goût du monde, c’est tout, sans discussion possible.
Le bus est arrivé
J’adore l’école grâce à ma maîtresse Mme Castille,
et ma copine Rebecca, elles sont gentilles. Rebecca, moi, et les autres
étudiants marchons à la queue leu leu, nous suivons Mme Castille vers la salle
de classe.
Nous sommes arrivés à la classe
Ma camarade de classe Lauren, porte la même veste marron
quotidienne
Mon camarade de classe Cory, je pense qu'il est
mignon depuis que j'ai six ans
Mon camarade de classe Matt, veut devenir pilote
Ma camarade de classe Regain, m’effraye quelquefois
Ma camarade de classe Ashley, je ne pense pas
qu'elle m'aime beaucoup
Le téléphone a sonné. Le son coupe l'air comme un
couteau. Dans toute ma vie je n'ai jamais entendu la sonnerie du portable. Bien
sûr j’ai déjà écouté la sonnerie du portable chez moi, mon père a un
portable ! Mais je n’ai jamais entendu la sonnerie du portable dans la
salle de classe. Mme Castille décroche le combiné.
-Hello
- …
- What?
- …
- Ok
Ma maîtresse raccroche le téléphone
- Rebecca your parents are here to pick you up
À la fin de la journée à l'école, la moitié des
classes a disparu. La cloche de l'école sonne. Le son de la cloche est le signe
de la libération, maintenant je peux rentrer à la maison et regarder mes
dessins animés à la télévision.
Mme Castille n’a pas donné beaucoup de devoir sans
aucun doute c’était parce que beaucoup de parents sont venus chercher leurs
enfants.
Je n’aurai pas beaucoup de devoir ce soir, c’est un jour
super !
Je prends le bus. Je rentre à la maison.
Je vois maman regarder les nouvelles, elle ne
regarde jamais les nouvelles.
Maman me voit. Elle me fait un sandwich au beurre
de cacahuète avec de la confiture du raisin.
Je suis assise sur la table dans ma chaise, je
balance mes jambes en arrière et en avant. Le sandwich au beurre de cacahuète a
toujours le meilleur goût du monde, c’est tout, sans discussion possible.
Maman est assise à côté de moi. Elle me regarde
avec des yeux inexpressifs.
- Ruhee, if anyone at school asks do not tell them
you are Muslim.
Je suis musulmane? J'ai complètement oublié
Ruhee Maknojia
M.CROS
7/4/2014
L’Analyse
Projet Créatif Numéro Deux
Pour mon projet de créatif, j'ai choisi la partie
B « A LA MANIÈRE DE NATHALIE SARRAUTE ». J'ai décidé d'écrire sur le
11 septembre 2001 de la façon dont je me suis souvenu de l'histoire quand
j'étais un enfant. Au cœur de l'histoire il y a le sujet de l'identité de soi.
Avant le 11 septembre, j'étais juste un enfant qui n'avait jamais question «Qui
suis-je? ». Mais après, j'ai été forcée à poser la question «quelle est
mon identité? »
Nathalie Sarraute dans son livre «enfance» à la
page 25 et 26, parle d'un événement traumatique qui lui est arrivée pendant son
enfance. Dans mon projet créatif, j'ai essayé de parler d'un événement
traumatique qui ne me touche pas directement, mais l'événement a construit, comment
dans mon âge adulte, je pouvais arriver à comprendre le monde et les gens
dedans.
Dans mon écriture du texte, j'ai essayé d'imiter
le style d'écriture de Nathalie Sarraute. À la page 25 et 26, Sarraute n'est pas
directe au sujet de la situation qui est en train d'arriver, elle est vague
dans son écriture par exemple à la page 25 elle a écrit « la brusque violence
de la terreur, de l’horreur...je hurle, je me débats…qu’est-il arrivé ? Que
m’arrivé-t-il ? ». Comme Sarraute, j'ai essayé d'être vague avec mon
écriture aussi. Les quelques indications que je voulais laisser qu’il avait y avoir
un événement profond étaient quand le téléphone a sonné en classe, quand les élévs
commençaient à disparaître, quand ma mère regardait les nouvelles, cependant,
mon plus grand indicateur d'un événement violent est le titre de mon projet créatif.
Ce sont les moments que j'ai essayé d'utiliser pour montrer que quelque chose
de mauvais était arrivé.
Pourquoi ai-je choisi d'écrire sur le 11 septembre ?
Je voulais écrire sur cet événement parce que c'est le début de comment je vais
arriver à comprendre le monde. Suis-je une musulmane? Dans des pays comme le
Pakistan, d’où ma mère est originaire, et des pays comme la Tanzanie, d’où mon
père vient, je ne serais pas acceptée comme une femme musulmane. Cependant,
dans les pays occidentaux comme les Etats-Unis et la France-Je suis une
musulmane à cause de ma race et simplement parce que je me déclare moi même comme
musulmane. La compréhension du monde de qui est un musulman a commencé avec les
événements du 11 Septembre. À l'ouest beaucoup me considèrent comme un musulman
d'une manière très négative, à l'Est beaucoup me considèrent comme une non
musulmane d'une manière très négative. Si je ne suis pas aimée par les deux
extrémités du monde où vais-je aller si j'ai été exilée et obligée de quitter
mon pays? Qui me protégera? La possibilité d'être effectivement en exil est un
point de vue très extrême cependant une vérité aussi. J'ai une dépendance
désespérée vis-à-vis des gouvernements occidentaux pour protéger mes libertés civiles.
Dans mon écriture, je voulais indiquer que le 11
septembre est devenu un jour de silence pour tous les musulmans dans le monde.
L’événement est devenu un jour de silence, parce que les musulmans américains ne
peuvent plus protester contre les guerres sans penser qu'ils sont motivés par
le terrorisme, les musulmans ne peuvent plus porter librement des vêtements qui
représentent l’honneur, le respect et la dignité. les musulmans ne peuvent plus
parler contre tout gouvernement quand ils sentent qu’une injustice se passe. Les
Musulmans ne peuvent pas parler de la peur de perdre leur emploi, la peur
d'aller en prison, la peur de mourir, la peur des préjugés, la peur pour leurs
familles.
Il n'y a pas de justice dans la violence. Les actes
de violence blessent tout le monde. Grâce à la technologie, le monde est plus
connecté. Aujourd'hui, quand quelque chose de violent qui se passe dans une
partie du monde, il affecte le monde entier. Mon projet de création signifie la
perte de l'innocence. Il montre la réalité que l'identité change la façon dont
les gens regardent les autres personnes. L’Identité change la façon dont
quelqu'un se voit. L’histoire peut forcer l'identité de soi être quelque chose
de positif ou de négatif. Le changement réel ne vient pas de la guerre, le changement
réel vient de l'éducation, l'éducation de la femme, l’éducation à la santé,
l'éducation physique, les hôpitaux, et le leadership communautaire.
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TRAVAIL DE MARIA :
Parler
La parole est un Palais
un Paradis pour la parodie des pensées
La parole est un Palais
un Paradis pour la parodie des pensées
qui place des pièges de pantomimes
La parole est un pas de porte
où pas à pas ces pas de pieds
où pas à pas ces pas de pieds
peuvent peindre cette palette
cette pirouette de paradigmes
qu’on partage par la page
et boxent avec le paradoxe
du pandémonium pacifique
de la prononciation poétique.
et boxent avec le paradoxe
du pandémonium pacifique
de la prononciation poétique.
7 Avril 2014
Devoir Créatif
Dans mon devoir créatif, j’ai choisi de faire un projet avec la sonorité d’un mot, dans le
style d’Henri Michaux et ses poèmes comme “La Nuit” ou “Emportez-Moi”, où il explore le sens et le sentiment d’un sujet par rapport au thème en même temps qu’il fait une exploration de la sonorité du mot lui-même, et les sentiments auxquels on se connecte, tout simplement, avec les sons. Je vais discuter le processus que j’ai utilisé pour découvrir le mot et le sens de “parler.” Puis, je vais faire une analyse du poème par rapport au symbolisme et aussi aux choix des mots.
Je savais que je voulais travailler avec la sonorité de p: j’ai commencé avec le mot “peau.” J’aime ce mot en français; le mot décrit, par le son du mot lui-même, le sens du mot. Je trouve aussi que tous les mots en français qui commencent avec un p ont une certaine énergie: passion, peau, pouvoir, puissance... tous ces mots sont paisibles. Un poème avec les mots de cette énergie serait beau. Donc, j’ai cherché une liste de tous les mots en français qui commencent par p. Je savais que je voulais écrire un poème des p’s, si vous voulez. Après avoir trouvé une grande liste de mots, j’ai travaillé avec les mots qui m’ont touchée, et j’ai découvert le thème de parler.
Comme thème, je commence par expliquer le sens du poème. J’utilise la sonorité des mots avec “p” parce que c’est très évident quand on dit le poème. On sent les sons dans la bouche; c’est très physique. Cela ajoute à l’idée que le sens du poème veut donner. Mais, il y a quelques techniques que j’ai utilisée. Une de ces techniques est l’utilisation du mot “pas”: un
pas de la porte, pas à pas, et pas de pieds sont les phrases utilisées dans le poème. J’ai voulu
jouer avec l’idée que le même son peut avoir plusieurs sentiments dans la même phrase, en
utilisant des expressions idiomatiques et choisissant une métaphore qui marche avec le sujet et
les jeux de mots. Quand on dit ces phrases, on entend l’onomatopée: pas à pas et pas des pieds,
placé ensemble, créent le son des pieds qui marchent... p, p, p, p. Cela crée, à un niveau viscéral,
le sens du poème, en addition à l’écriture topique. Un autre exemple de l’utilisation des sons
pour assurer le sentiment du poème, c’est la première ligne: La parole est un palais est une
phrase qui a les deux syllabes de parler: La parole est un palais. On décrit le mot parler, mais
aussi, on découvre le sentiment des sons quand on explore les mêmes sons dans un sens unique.
Mais aussi, le sujet lui-même décrit l’action de parler: c’est tout simplement un type d’expression des pensées qui sont dans la tête (le piège). Et parler, c’est laisser libre les idées. Donc, c’est pour cela que j’ai utilisé les mots Palais et Paradis: les deux endroits sont très connu pour être sacrés, dans un sens. Un Palais fait un appel à la richesse, une vie sans problème, une éspace de réconfort, et Paradis, c’est la vie qu’on imagine la plus parfaite. Quand le poème est écrit de la perspective des pensées, cela donne l’impression qu’elles sont un peu piégées par l’incapacité de s’enfuir sans parler. C’est le pandémonium pacifique: la difficulté de s’exprimer, de découvrir exactement comment on laisse libre les pensées de la tête et les traduire dans la langue, c’est le pandémonium. Mais, c’est pacifique parce que la seule personne qui peut entendre ses pensées est la personne qui les pense.
J’espère que j’ai réussi à découvrir un mot: parler, par l’utilisation de la langue. Je dis que c’est un “méta-poème”: un poème qui utilise la poésie pour décrire la poésie de la poésie.
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Mais aussi, le sujet lui-même décrit l’action de parler: c’est tout simplement un type d’expression des pensées qui sont dans la tête (le piège). Et parler, c’est laisser libre les idées. Donc, c’est pour cela que j’ai utilisé les mots Palais et Paradis: les deux endroits sont très connu pour être sacrés, dans un sens. Un Palais fait un appel à la richesse, une vie sans problème, une éspace de réconfort, et Paradis, c’est la vie qu’on imagine la plus parfaite. Quand le poème est écrit de la perspective des pensées, cela donne l’impression qu’elles sont un peu piégées par l’incapacité de s’enfuir sans parler. C’est le pandémonium pacifique: la difficulté de s’exprimer, de découvrir exactement comment on laisse libre les pensées de la tête et les traduire dans la langue, c’est le pandémonium. Mais, c’est pacifique parce que la seule personne qui peut entendre ses pensées est la personne qui les pense.
J’espère que j’ai réussi à découvrir un mot: parler, par l’utilisation de la langue. Je dis que c’est un “méta-poème”: un poème qui utilise la poésie pour décrire la poésie de la poésie.
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TRAVAIL DE KATIE :
– Il faut que je danse pendant cette
chanson
– Oui, il faut. Tu es resté ici pour
les trois dernières chansons.
Je regarde l’autre côté. C’est comme
une mer de gens. Il y a toujours plus de femmes que d’hommes. Comment je peux
trouver quelqu’un avec qui danser ?
– Qu’est-ce que tu penses ?
Qu’est-ce que est une bonne idée ?
– Il y a un homme là
– La ? Ça n’est pas très spécifique
– Oui…. Elle rit… D’accord, là, l’homme avec qui tu voulais danser
plus tôt.
– Je vois… d’accord, merci
Mais ce n’est pas toujours un merci
avec tout mon cœur… parce que je dois demander s’il voudrait danser… demander…
il y a trop de risques avec « demander »
Je marche
Je réfléchis
Je marche
Mes pieds vont au temps avec la
musique. Mon cœur va plus vite
Mais avant j’arrive, il départ
Avec une autre fille
Mais maintenant je suis ici. Je suis
marchée ici. Il semblerait drôle si je retournais à ma place originale
Je continue. Mon cœur marche plus
vite.
« Voici un homme. Il sourit… il
semble gentil… tu peux lui demander à danser »
« QUOI ?!? Qu’est-ce que tu
dis ? Tu ne le connais pas et il est avec ses amis et il semble comme un très
bon danseur… pourquoi est-ce que tu penses qu’il danserait avec
toi ? »
« Mais, tu ne connais pas
l’autre homme que Kate a suggéré… ce situation n’est pas différent
« Oui, mais… »
« C’est la dernière danse…
DANSE ! »
« D’accord, d’accord, je
danserai—calme-toi ! »
– Excusez-moi… est-ce que tu…
huh humm hmm… est-ce que tu voudrais danser ?
– Oui bien sûr !
« Tu vois… il a dit,
« oui ! » »
« Oui, oui… silence…… »
– D’accord
Thump, thump… la musique… mon cœur
Les premiers pas commencent
– Comment tu t’appelles ?
– Gabe, et toi ?
– Katie…Enchantée
– Quoi ?
– Enchantée
– Oh, enchantée… oui, oui enchantée
– Il y a beaucoup de bruit maintenant
– Quoi ??
– IL Y A BEAUCOUP DE BRUIT
– Ah… oui… tu as raison… ça, c’est un
exemple
Je souris… qu’est-ce qu’il pense de
moi ? Je suis nerveuse et alors je fais beaucoup d’attention quand je
danse… c’est trop rigide pour l’art de danser
Mes yeux ferment un peu… je regarde
le montre… c’est vers 12h45… je me sens fatiguée pour l’heure et pour je suis fatiguée !
Une chose très merveilleuse se passe…
mes jambes deviennent plus légères, mes bras plus libres, mon corps plus agile
et je peux vraiment danser
La musique devient tout à coup forte
et la piste de danse devient seulement lui et moi.
G a u c h e, d r o i t e, gauche
droite
Il me tourne, il m’entortille.
Je me torde, je me plie.
Il me tire vers lui
Je résiste à lui… je me relâche
Je le pousse
Le rythme s’installe
Tourne, entortille… torde, plie…
tire… résiste, relâche… pousse
Mes pieds sautillent pendant que nous
roulons en harmonie sur la piste… bien synchronise, concentré, fluide et libre
G a u c h e, d r o i t e, gauche
droite… mes pieds, mon sourire, mon cœur, je peux dériver… voler…
s’envoler ! Oui, je m’envole
Tourne, entortille… torde, plie…
tire… résiste, relâche… pousse… m’envole
– C’était bien ?
– Oui, Kate, c’était magnifique
Analyse
6/4/2014
« Il faut que je danse pendant cette chanson…
c’était magnifique »
Les souvenirs peuvent être si forts.
C’est fou que je puisse me rappeler un souvenir de l’âge de trois. Je trouve
que les souvenirs qu’on a d’enfance sont les expériences très fortes—très
heureuses ou très négatives. Quand on est plus âge, c’est encore les forts
souvenirs qui sont le plus vifs et précis. J’ai choisi un souvenir d’une
« dernière danse », la meilleure danse que j’ai dansée. Je vais
expliquer pourquoi j’ai choisi ce souvenir, les mots que j’ai utilisé, le style
de mon écriture, et comment mon texte est similaire aux œuvres de Nathalie
Sarraute.
J’adore danser…j’ai commencé à
danser quand j’avais 5 ans. Quand j’ai commencé l’université, il n’y avait pas
beaucoup d’équipe de danse, et alors j’ai cherché pour un autre moyen pour
danser. J’ai trouvé le swing ! Au début de l’université, je n’avais pas
beaucoup de temps d’aller au lieu pour le swing. Alors, je n’étais pas une danseuse
géniale, mais quand même j’aimais. Une année après mon commencement de danser
le swing, j’avais plus de temps. Alors, j’allais au lieu très souvent et je
devenais une meilleure danseuse chaque semaine. A la fin du semestre, le studio
de danse passait une chanson que j’aimais beaucoup. Je savais que c’était une
chanson pour une bonne danse. Alors, j’ai trouvé un homme avec qui je peux
danser et c’était si fluide…nous avons danse une danse des rêves. C’était la
meilleure danse que j’ai dansée. Alors, j’adore ce souvenir et je voulais
saisir le moment avec ce projet.
J’aimais le souvenir que Nathalie
Sarraute dit d’elle-même et sa mère avec la cuiller de la poussière. Elle
utilise le format de conversation à expliquer le souvenir. Je trouve que ce format
ajoute une dimension plus réel—comme le lecteur regarde le souvenir—alors j’ai
essayé aussi d’utiliser la conversation pour expliquer. J’ai quatre
conversations—une avec ma meilleure amie, Kate, qui danse au même studio, une
avec moi-même, une avec Gabe, l’homme avec qui j’ai danse, et une petite à la
fin avec Kate. J’ai utilisé un ‘ – ’ avec les « autres » (Kate
et Gabe) et les ‘« »’ avec moi-même pour distinguer entre les deux
types de conversations. Il y a une petite partie ou je parle à Gabe ET à moi-même,
alors c’était plus facile comme ça. C’était amusant à créer la conversation
entre moi et moi-même parce que je peux me rappeler la façon dans laquelle je
me suis convaincu à demander un autre homme. Avec l’autre partie de mon
composition j’ai essayé de recréer le style que Sarraute a utilisé pour décrire
elle-même après son opération. Elle a essayé utiliser les phrases qui décrivent
son corps plus souvent que les sentiments. Dans mon souvenir, quand j’ai senti prête
à danser, j’ai essayé de décrire les parties de mon corps : « mes
jambes deviennent plus légères, mes bras plus libres, mon corps plus
agile ». Vers la fin de mon souvenir, je n’ai pas dit, « Je suis
contente », plutôt, j’ai dit, « je peux dériver… voler… s’envoler !
Oui, je m’envole ». Avec mon poème, j’ai aussi décrit le rapport entre la liberté
du corps avec la liberté du cœur et l’esprit, une idée qui est plus comme une idée
de Michaux, mais je pense que, en totale, mon poème est comme les souvenirs de
Sarraute.
Les mots que j’ai choisis spécifiquement
étaient les mots pour mon corps, les mots de notre danse, et les mots de
« mes sentiments » près de la fin de la danse. Les trois
parties :
· « Mes jambes deviennent plus légères, mes bras plus
libres, mon corps plus agile »
·
« Tourne,
entortille… torde, plie… tire… résiste, relâche… pousse »
· «Je peux dériver… voler… s’envoler ! Oui, je m’envole »
Quand il a
semblé comme je pouvais danser au souvenir, en fait, je me sens plus agile, et
quand j’ai écrit ce composition, j’ai trouvé que légères et libres sont deux
caractéristiques que marche avec d’être agile. Avec la danse, nous avons tourné
beaucoup beaucoup—j’avais souvent besoin de me tordre et me plier—et il y avait
beaucoup de tournes ou il me tirait et pour un petit moment il y avait de la
résistance et après ca je me relâchais et j’ai tourné beaucoup beaucoup
beaucoup. Avec « mes sentiments », c’était simplement que je me suis
sentie très légère alors j’ai trouvé que les verbes, « dériver »,
« voler », et « s’envoler » saisissent vraiment ce
sentiment.
Alors ça c’est mon souvenir d’une
dernière danse—un moment que je me souviens toujours !
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TRAVAIL DE LAUREN :
Comment finit-elle
Lorsque je me réveille le matin et que je
me lève
Je me bats contre l’état naturel du monde
Je me lève et la gravité travaille contre
moi
Toute la journée je marche avec la tête comme
un oiseau
Traverser dans l’air
Ma colonne vertébrale s’étend vers le ciel
Comme un arbre fort et résolu
Et après je rentre chez moi
Avec mon crâne cassé et ma vertèbre deformé
Je m’allonge sur le sol ou sur le lit
Dans le salon, la salle de bain ou la
cuisine
Et mes yeux tournent vers le ciel
Pour se souvenir de la bataille
Et mes paumes se tournent vers le haut
aussi
Pour glorifier le champ de bataille
Mais mon esprit se tourne vers le bas
Pour rester avec la gravité, l’ennemi
Et tous sourient comme de vieux amis
Jusqu’à ce que l’aube démarre la bataille
à nouveau
Analyse de Projet Créatif No. 2
J’étais inspiré par la
poésie d’Henri Michaux pour écrire mon poème créatif, en particulier, le poème
« Mes Occupations ». Ce poème
est une petite bribe de ses pensées à travers la journée qui révèle un
monologue intérieur basé sur l’activité autour de lui-même dans un espace
public. Bien que je n’aie pas développé
mon propre poème dans un espace public, j’ai voulu capturer la même structure
de la poésie : courte, directe et figurative. La deuxième réplique à propos d’une position
ou un mouvement imposé sur le corps m’intéresse beaucoup, parce que j’aime
beaucoup la relation entre le corps physique et ses effets sur l’esprit et les
pensées. Aussi, des positions et des
mouvements du corps m’inspiraient toujours pour créer l’art visuel, donc j’ai
voulu d’être inspiré par des positions du corps dans l’écriture.
Le processus de la
création d’un œuvre littéraire est vraiment un mystère. Pour moi, la partie la plus difficile était
l’étincelle, c’est à dire, l’idée initiale qui commence le processus
créatif. Presque immédiatement après
avoir lu un ou deux poèmes de Michaux, je me suis senti une connexion avec ses
pensées et j’ai voulu récréer la même expérience pour moi-même. J’ai essayé plusieurs façons différentes de
limiter les mouvements physiques, comme le dos ou les bras, mais je n’ai pas obtenu
l’effet désiré. Donc, j’ai essayé une
position et je me suis allongée sur le sol de ma chambre. C’était une position que je prends très
souvent quand j’ai besoin de reposer ou laisser mon esprit se vider après une
journée longue plein de batailles. Je
m’intéressais à explorer où mes pensées allaient en prenant cette position sur le
dos.
A l’aide d’une musique
douce, j’ai eu une expérience très émotionnelle avec beaucoup de larmes :
la position d’être à plat sur le sol est un sensation enfantin et je me sens
comme la jeune fille que j’étais depuis longtemps, mais aussi une fille de
douze ans en même temps. Ce sentiment
des deux versions de moi-même vient d'une mélange de la position enfantine et
d’un souvenir vivant : à douze ans je m'allongeais sur le sol de ma chambre
chez mes parents en pleurant à cause de ma première bataille avec des soucis de
l'âge adulte. Très connecté avec mon
enfance, je n’ai pas voulu créer un poème trop proche du style de Nathalie
Sarraute, donc je n’ai pas englobé les détails de mes souvenirs d’enfance dans
le poème. Cependant, le poème englobe
mes sentiments de renoncer à combattre contre toutes les luttes de la vie
quotidienne pendant que je m’allonge sur le dos et retourne à mon enfance. J’ai gardé aussi le titre « Comment finit-elle »
parce que, pour moi, l’expérience en écrivant ce poème était vraiment la
conclusion d’une longue lutte qui a commencé avec la fille de douze ans qui
pleurait sur le sol chez ses parents.
C’était difficile de garder
une idée spécifique en écrivant ce poème parce que j’ai voulu ajouter des
souvenirs d’enfance parce qu’ils sont un grand partie de l’expérience. Cependant, l’ajout de cette information
s’éloignerait du style de Michaux : j’ai écrit plusieurs versions longues
et verbeuses qui n’ont eu pas de tout l’air d’un poème de Michaux. Pour moi, la chose la plus importante était de
garder le style figuratif et direct sans confondre les lecteurs avec un souvenir
avec lequel ils ne s’identifient pas. A
partir de ce défi, la seule autre chose difficile était de trouver
l’inspiration initiale pour créer une œuvre dans le style de Michaux.
J’étais vraiment étonnée
par l’intensité de mon expérience dans la position sur le sol. Bien que ce soit une position que je prends
très fréquemment, je ne m’étais jamais rendu compte que je la prends si
fréquemment, et aussi que c’était une méthode de me reposer ou renoncer aux
batailles de la journée. J’étais étonnée
aussi par la difficulté de décrire les émotions sous une forme poétique en
gardant un style bref. Normalement,
j’écris dans une forme très longue avec beaucoup de mots, mais pas vraiment beaucoup
d’images. Je n’ai pas anticipé la
difficulté du style de Michaux.
Si je pouvais faire ce projet une deuxième fois,
je changerais le format du poème pour englober les deux aspects de mon
expérience émotionnelle, la position du corps et les souvenirs d’enfance qui
étaient aussi puissants que la position elle-même. Ce projet me permet d’apprendre à écrire la
poésie sous une forme différent avec des nouvelles idées : la relation
entre le corps et l’esprit. Cependant,
j’aimerais explorer une forme de la poésie qui englobe les styles de Michaux et
Sarraute en même temps.
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TRAVAIL DE CHRISTIANA :
Laissez-nous, la musique et moi
(écrit de la manière du « Emportez-moi »
d’Henri Michaux)
Laissez mes doigts à ma chérie belle noir et
blanche.
Pendant toute ma vie je te connais, noir et
blanche.
Dans les oreilles chaque note sonne pure ;
un instant dans l’air, l’instant dans mon cœur.
Dans mon ventre et cœur une lueur,
Dans la dose de Metaxa pour un toux,
Dans le dos tout droit, la posture correcte,
Dans la liberté de l’esprit qui résulte d’un corps
restreint.
Laissez les vagues qui me transportent avec eux,
Dans une rêve d’une histoire familière mais loin,
Comme les ondes acoustiques l’écrivent,
Dans la gamme des tons, la gamme des émotions,
Ne pas
dérangez-moi, je rêve.
l’Analyse :
Henri
Michaux écrit son poème « Emportez-moi » en référant à une fuite de
sa vie actuelle. Il est une fuite sur une caravelle qui l’emporte et qui le perd
« au loin ». Il ordonne au lecteur de l’emporter, (et à la fin l’ordre
change d’emporter à enfouir,) mais on ne sait pas exactement à qui Michaux
parle. Peut-être il est en train de crier à n’importe quelle personne l’attend.
On peut déduire que Michaux cherche une fuite pour quelques raisons. Il veut
être emporté sur une caravelle et les caravelles ont la tendance de voyager
loin au milieu de la mer. Il existe aussi le concept d’être disparu en mer.
Cette idée suit le même thème qui se trouve à la dernière phrase qui implore le
lecteur d’enfuir Michaux. Ses références à la nature : « Dans le
velours trompeur de la neige, » et « Dans la troupe exténuée des
feuilles mortes. » indique l’hiver – une saison où on est souvent triste
et où on a un besoin désespéré du printemps. A la troisième
strophe Michaux parle du corps. Il fait des références au système
respiratoire, les mains, les lèvres, et les os avant implorer le lecteur de
l’enfuir. Cet ordre ressemble l’enterrement après la morte. Il semble
que Michaux veuille échapper à son corps et être emporté au loin
(particulièrement de son corps).
La
structure du poème « Laissez-nous, la musique et moi » est plus ou
moins similaire au poème « Emportez-moi ». Ils tous commencent avec
un impératif. Les premières deux lignes terminent avec les mêmes mots. Les deux
poèmes ont quelque chose (soit une caravelle ou un piano) qui transport
l’auteur. Il y a trois strophes, chaque
un composé de quatre lignes, et ils tous finissent avec une seule ligne à
l’impératif. L’un exprime l’espoir de
quitter son corps et sa place mais l’autre exprime l’envie de s’isoler sur
place avec son piano, (ma chérie belle noir et blanche) pour qu’elle puisse
être transporté à cet autre monde à travers la musique. Les deux poèmes sont
composés d’un deuxième paragraphe qui commence toutes les quatre lignes avec le
mot « dans ». Bien que le poème « Laissez-nous, la musique et
moi » soit écrit de la même manière de « Emportez-moi, » son but
ultime est un peu diffèrent dans le sens que l’auteur fuit vers un monde au
loin plutôt que de son propre corps. Le thème ne reste pas dans l’idée d’être
enfuir mais dans l’idée d’entrer à la liberté de l’esprit. La ligne qui lit
« Dans la liberté de l’esprit qui résulte d’un corps restreint. »
exprime comment l’auteur trouve la liberté en restant dans cette position
spécifique : « dos droit, posture correcte ». Une autre
similarité de thème se trouve aux vagues. Michaux parle d’une caravelle
(qui voyage partout la mer) et je parle des ondes acoustiques qui vibrent dans
l’air (d’une manière similaire aux ondes de la mer). Il y a un sens de mouvement
à travers ces objets simples. Une différence reste dans l’organisation de
chaque poème. Michaux a consacré sa troisième strophe au corps mais j’ai
parlé du corps dans ma deuxième strophe.
Quelques
techniques poétiques utilisées dans les deux poèmes sont la répétition, la
consonance, et le mètre. La structure des deux poèmes incluse la répétition des
impératifs, les deux « modes » de transportation, et la préposition
« dans ». Cette répétition souligne l’importance de ces idées et
mots. « Emportez-moi » fait la consonance avec les mots « âge et
neige, » et « briser et baisers. » Dans mon propre poème j’ai
fait la consonance avec les mots « dose et dos. » Le mètre des deux
poèmes est un peu désordonné. On peut trouver un rythme dans les deux premières
lignes mais il est à cause de la répétition. Dans le poème que j’ai écrit, on
le trouve aux mots « cœur » et « lueur ». Le poème
de Michaux commence avec trois lignes de dix syllabes. La dernière ligne
de la première strophe diminue à huit syllabes. Après cela, la deuxième strophe
commence avec huit syllabes mais retourne à plusieurs syllabes mais dans une
manière au hasard. Le poème « Laissez-nous, la musique et moi »
reflet cette entropie. Ce poème utilise aussi le paradoxe : « Dans la
liberté de l’esprit qui résulte d’un corps restreint, » et la
comparaison : « Comme les ondes acoustiques l’écrivent ». J’ai
choisi de faire référence à l’alcool « Metaxa » pour deux raisons.
L’une est parce que cet alcool a un effet chauffer dans la gorge et le ventre,
et l’autre est parce que Metaxa est mon nom de famille. Il a un double sens. La
dernière ligne a deux sens aussi. On peut dire que je dors et on est dans mon
rêve, mais aussi que je joue mon piano dans la vie actuelle et que j’ai une
expérience transcendantale.
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TRAVAIL DE ALLISON :
J’ouvre mes yeux sur une salle blanche – les murs, le sol, ma couverture –
tout est blanc, mon père sur une chaise, un infirmier qui m’apporte de
l’eau. J’essaye de parler, mais les deux
hommes disent des mots doux pour me persuader de rester silencieuse. Je somnole entre et contre le sommeil. Je suis dans un brouillard. J’écoute les paroles de mon papa. Je ris de ses blagues, mais il y a la
douleur. Je me sens fatiguée comme si
le monde descendait dans mon corps. Mais
c’est drôle, qui est-ce qui penserait qu’une operation de mes amygdales
causerait cette douleur dans mon corps entier ?
Mais, c’était vrai. Apres l’operation, mon corps n’était pas mon
corps, ma voix n’était pas ma voix. La
récupération : deux semaines. Deux
semaines entières à la maison. Deux
semaines entières avec la nourriture douce.
Le canapé, mon ami. La spaghetti,
mon amie. La télé, mon amie. Le mouvement, le parler, mon ennemi.
Quand j’ai parlé, j’ai
parlé avec une voix rauque, rêche, étoffée, cassée. Je me suis sentie comme si j’avais une grande
boule attrapée dans ma gorge. Chaque
fois que j’essayais de parler, j’ai ressenti gène (bienheureusement, je n’avais
pas le droit d’aller hors ma maison, et seulement ma famille a écouté la souffrance
de ma voix). Je me sentais gênée pas
seulement pour le son de ma voix, mais aussi parce que je ne pouvais pas dire
exactement ce que je voulais dire. Il y
avait des murs entre mes vraies pensées, mes cordes vocales, ma gorge, et les
mots que j’ai prononcés. Comme un rêve
où on voudrait crier, mais les sons sont bloqués dans la gorge. Mes pensées étaient bloquées dans ma
gorge.
Mon corps souffrait
aussi. Les médicaments pour la douleur
physique m’accablaient. J’ai dormi, j’ai
mangé. J’ai somnolé, j’ai mangé. J’ai regardé la télé, j’ai mangé. Bien que j’aie mangé et que je me sois assise
pour la plupart des jours, mon estomac a diminué. Mon énergie s’était envolée de mon corps. J’ai marché à travers ma maison comme si je
nageais à travers l’océan Atlantique.
J’ai regardé le soleil à travers mes fenêtres. J’ai vu ma peau bronzée disparaitre
lentement. J’ai voulu être dehors avec
le soleil sur mon visage, dans mes cheveux…mais mon esprit, mon corps, ma gorge
ne me le permettait pas.
Un jour dans la deuxième
semaine, j’ai attendu ma tante qui m’a rendu visiter, quand j’ai vu le chat de
notre voisin dehors sur la fenêtre. Un
chat vraiment mignon, qui m’aimait, qui s’appelait Pooh. J’ai poussé le bouton de la porte garage et
j’ai marché à notre allée privée. Je me
suis assise et Pooh s’est reposé dans mes genoux. J’ai caressé le chat noir et il ronronnait. Et à ce moment-là, j’ai découvert que je ne vais
pas besoin de ma voix ou mon corps pour communiquer avec le monde. J’ai vu le Corvette noir de ma tante. Je l’ai enlacé. J’ai souri.
J’ai commencé à oublier la douleur.
J’ai souri et j’ai commencé à me sentir mieux.
ANALYSE :
À LA MANIÈRE D’HENRI MICHAUX : Ecrire un texte basé sur une position ou un
mouvement, une action imposés au corps du « je » qui écrit. Essayer de traduire la sensation et laisser
une grande place à l’imaginaire dans l’évocation de ce moment. (Comme dans les textes de Michaux sur la
maladie, l’immobilité, la souffrance…)
J’ai écrit mon devoir
créatif à la manière d’Henri Michaux. Au
debout, j’ai pensé que j’ai voulu écrire à la manière de Nathalie
Sarraute. Au premier coup d’œil, j’ai
pensé que j’aimerais les textes de Sarraute.
J’ai déjà lu un texte de Sarraute de «Tropismes ». J’ai oublié le nom du texte, mais c’était un
commentaire sur les dames de la société dans les années cinquante et
soixante. Mais avec chaque texte
que j’ai lu de « Enfance », j’ai trouvé les histoires un peu
difficiles pour m’identifier avec elles.
J’aime beaucoup le style de Sarraute comme elle compile beaucoup de
petits souvenirs pour faire une mémoire.
Donc, pendant que j’étais en train de lancer les idées dans ma tête,
j’ai relu la feuille pour notre devoir créatif numéro deux. Ensuite, j’ai pensé que je pouvais écrire
d’un animal imaginaire à la manière d’Henri Michaux. Le poème « L’Enanglom » me frappait
avec l’usage des animaux comme les comparaisons à l’homme. Malheureusement, c’était difficile pour moi
de penser à un animal imaginaire et les mouvements intérieurs que
correspondrait à une métaphore avec la signification. Mais, j’avais de la chance, et j’ai parlé
avec une autre étudiante des choix sur le devoir créatif, et pendant que nous
avons parlé, j’ai pensé à mon idée d’écrire à la manière d’Henri Michaux sur un
maladie ou un action imposés au corps du « je » qui écrit.
Notre discussion en classe
des maladies du corps était l’inspiration de mon petit texte. Avec chaque personne qui partageait une
maladie ou un mouvement imposés, j’avais l’empathie pour cette personne. Les histoires étaient drôles, tristes,
amusantes – mais la chose la plus importante que les histoires partageaient
était qu’elles étaient universelles. Les
maladies sont des conditions universelles – n’ importe où et n’importe qui, les
maladies touchent tout le monde. Comme
Michaux, quand on partage l’histoire, les sentiments, les sens d’une maladie,
on tend le bras à une autre personne.
Nous sommes connectés par des expériences communes.
Bien que Michaux ait écrit
pour la plupart des poèmes, j’aime les histoires courtes de Michaux, par
exemple, « Clown » ou « Un Homme Paisible ». Ces textes sont des poèmes, mais, ils
ressemblent à des histoires. Michaux
pouvait exprimer ses opinions, ses intentions, dans une petite histoire mieux
que dans un poème. Avec mon histoire,
j’ai voulu bien développer mes pensées lentement, pour montrer la douleur pas aiguisée,
mais la douleur faible et persistante.
Avec un poème, je ne pouvais pas accomplir les sentiments et les sens
que j’ai voulu partager. À travers toute
la douleur physique, on doit voir le soleil.
On doit ne pas perdre l’espoir pour un jour ou cela se sera
amélioré.
Apres avoir écrit, j’ai
réalisé quelque chose. J’ai réalisé
pourquoi la récupération de ma voix ressentait très près de mon cœur ici en France. Perdre ma voix est très similaire à la
situation en train d’apprendre une nouvelle langue dans un nouveau pays. Donc, être en France est être en train de
récupérer d’une opération aux amygdales.
Les deux handicaps sont frustrants, énervants. J’ai relié les sentiments frustrants comme
quand un petit collier a un nœud. On
doit dénouer le nœud, mais c’est très délicat.
On peut essayer, et essayer, mais c’est frustrant. On doit garder une main calme et tranquille
pour dénouer le nœud. On voudrait crier,
mais cela n’aide pas. Et ce comme cela
avec une voix perdue, et une langue inconnue.
On doit rester calme et laisser l’amélioration et la langue vient à
toi.
Quand je ne connais pas un
mot, ou quand je prononce un mot avec un accent américain, ou quand je ne peux
pas dire exactement ce que je voudrais dire, c’est comme s’il y avait un mur
entre mes pensées, ma gorge, et le personne qui m’écoute. C’est difficile de rester calme. C’est difficile d’essayer encore. La menace d’échouer est présente. Mais,
comme mon expérience avec le chat de mes voisins, quand je me sens mal avec ma
connaissance de la langue française, je dois rester calme et je dois savoir que
je peux communiquer. J’ai confiance en
moi. Je peux parler en français.
En conclusion, j’ai écrit
à la manière d’Henri Michaux pour expliquer une action imposée au corps. Mais, pendant que j’ai écrit, j’ai connecté
avec ma récupération de mes amygdales avec les épreuves d’apprendre une langue étrangère. J’ai réfléchi pour très longtemps sur mes
difficultés avec la langue française.
J’ai conclu : il s’agit de la confiance de soi-même et une attitude
positive. C’est toujours améliorer avec
une attitude positive. Merci à Henri
Michaux, qui était l’inspiration de mon devoir créatif, qui amenait ma
réalisation de mes problèmes et mes peurs de la langue française. Le mouvement du corps est une grande partie
de la relation avec l’espace extérieur ET intérieur. Les paroles et la langue sont une grande
partie de la relation avec l’espace extérieur et intérieur. Donc, c’est vital de garder la bonne santé du
corps pour la relation avec l’espace.
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TRAVAIL DE NICOLAI :
Des souvenirs d’un espace particulaire : ma
constellation
Meubles
blancs et la peinture d’un bateau sur la mer. La cloche qui sonne toujours a
l’heure. C’était tranquille, simple, calme et propre, comme ma grand-mère a
préféré. Il faut que tout soit propre. On a appris à respecter
les tapis et les meubles qui étaient blancs et à les
garder comme cela. Les pieds nus étaient interdits et aussi les chaussettes
salles. Les pieds sur le sofa étaient interdits aussi. Par ailleurs, tout était
facile et agréable. On peut regarder le
jardin sous l’ombre du balcon tranquillement. Les herbes sont plus grosses que
chez nous, j’ai remarqué. Il y avait des palmiers et des oiseaux qui faisait
des bruits intéressants. Il faisait beau
là, chez mes grands parents.
Sur
la petite table dans le coin de la cuisine il y avait des œufs, du beurre, du sucre, de la farine,
du lait et du chocolat. J’étais debout sur une chaise pour être assez grand et
pour aider. La pâte à frire était presque prête, quand tout d ‘un coup l’outil
que nous utilisions a cassé et il est tombé dans la pâte à frire. Il a fait une
grande éclaboussure. Un sourire s’est inscrit sur le visage de ma grand-mère et
nous nous avons commencé à rire.
Il
ne faisait pas trop lourd ou chaud pendant cette heure et tout était frais.
Apres avoir mangé, mon frère et moi avons emmené la poubelle dehors pour déposer
les déchets dans un des tous spécifiques dans la terre. L’une pour le verre était
le moins préféré, parce que quelquefois ils se sont brisés. Autour du lieu pour
les déchets il y avait des buissons et quelquefois avec des petits lézards
dedans. C’était le jour où j’ai appris que le lézard peut perdre sa queue mais
continuer de vivre. Le pauvre.
Les
trottinettes, une avec des roues rouges, et une
avec des roues vertes. Les allées
de la résidence étaient très régulières et agréables pour rouler. Avant que le soleil devienne trop haut dans
le ciel et l’air trop lourd, mon frère et moi, nous avons quittés la résidence
pour récupérer le journal quotidien. Lui avec la verte, moi avec la rouge, nous
avons fait la course pour voir qui pourrait être le premier à le trouver. La destination était un petit kiosque sur le
trottoir à cote de la rue. Pendant le retour quand nous étions près de la
résidence, il devenait rapidement sombre, presque comme si la nuit tombait, et
il a commence à pleuvoir. Les gouttes d’eau étaient chaudes comme une douche et
nous sommes resté sous la pluie et nous avons continué de rouler.
Les
grands palmiers et le sable chaud. On a pris un pique nique et on portait des
maillots de bain. Ma mère toujours avec la crème de soleil pour moi et mon frère.
On descend les escaliers en bois entre les buissons. On nage, et mon grand-père
flotte sur la mer sans effort avec seulement les doigts de pieds et le visage
visibles. Toujours il était là, trop loin pour moi de nager là-bas,
avant le déferlement des vagues.
Pour
moi, un lieu est le tissu d’un souvenir. Quand on voit un lieu spécifique, il
évoque quelque chose dont on se souvient. C’est la raison pour laquelle j’ai
choisi de décrire des souvenirs associés avec la résidence de mes grands
parents qui était située en Floride. Souvent quand j’étais petit, ma famille a
voyagé pour leur rendre visite pendant le printemps. J’ai plusieurs souvenirs
que je veux raconter mais ce sont les plus vivants.
C’est
difficile de se souvenir quelque chose d’enfance quand on pense en termes
généraux, ou on essaye de se souvenir ce qu’on a fait dans la vie quotidienne.
Mais pour moi, quand je pense à un lieu spécifique, les souvenirs
arrivent. Un lieu relie le passage du temps avec des évènements spécifiques qui
se passent comme les vieux souvenirs peuvent facilement disparaître dans le
brouillard des pensées. Mais en même temps, il y des fils qui traversent des tous dans les souvenirs qui peuvent relier
le temps et créer une constellation. Sans connexions entre un souvenir et une
autre (et quelquefois c’est la cas) il n’y a pas d’une constellation mais
plutôt des souvenirs disperses partout. Pour Nathalie Sarraute, la
constellation et la constellation d’enfance.
Les
lieux reste dans le souvenir et c’est une raison que la maison d’enfance, où on est élevé conserve les sentiments
puissants. Souvent on veut revisiter le lieu de son origine qui peut évoquer
des souvenirs et remplir des parties des tous qui se forment pendant la durée
et la vitesse de la vie.
Comme
Nathalie Sarraute montre dans son dessin, les souvenirs forment une
constellation ou une mémoire, parce qu’on ne peut pas se souvenir de chaque
moment de la vie, c’est impossible. Mais il y a des parties qui restent claires
parmi d’espaces obscurs et il est possible de ramasser une collection de moments,
et garder les connexions plus fortes. Juste comme on dessine l’image des synapses
cérébrales qui font des connexions entre une chose et une autre, j’imagine les
souvenirs comme une constellation, ou ils peuvent devenir perdues dans l’espace
ou ils peuvent rester liés. On peut dire que les souvenirs sont comme les
étoiles dans l’espace ; peut être qu’ils sont séparé ou tout seul, et les autres
sont liés et forment une petite constellation (une mémoire) dedans une galaxie
d’étoiles (les souvenirs).
Certes
un souvenir est quelque chose dans le passé dont on se souvient, mais c’est plutôt
un phénomène qui capture des sentiments et des pensées, de cette époque. Souvent ce sont les sentiments ou les
sensations qui préservent le mémoire, et pas le mémoire qui préserve les
sentiments ou les sensations. Par exemple, comme Sarraute montre quelque chose
de mauvais, comme des amygdales peut résonner pour toute la vie. Au contraire, les sentiments positifs aussi
restent avec nous, mais comme les sentiments négatifs, il faut qu’ils soient forts
et uniques pour qu’on ne les oublie pas. Par exemple, je ne me souviens pas la dernière
fois que je me suis cogné le pied, mais je me souviens très bien quand
j’ai été frappé au visage avec une pelle.
Dans
une mémoire, les sentiments et les sensations continuent de vivre. L’exemple de
quelque chose qui fait mal est facile pour tout le monde à comprendre (sauf des
gens qui ont beaucoup de chance) parce que tout le monde peut partager cette sensation.
D’autres souvenirs qui ne sont pas une sensation mais quelque chose de psychologique
sont un peu plus difficile à partager parce qu’ils peuvent arriver par
des façons très différentes selon la personne. Par exemple, dans le chapitre
d’Enfance « pourquoi vouloir revivre cela… » « …Rien a
moi » (p.66-67), on comprend que l’auteur parle d’une joie, et peut-être
qu’on a une expérience similaire, mais ce n’est pas comme partager une
sensation parce que les sentiments sont plus nuancés que les sensations. De
plus, c’est difficile à expliquer à une autre personne comment on se sentait
exactement. Comme Sarraute écrit au début du chapitre « Pourquoi vouloir
faire revivre cela, sans mots qui puissent parvenir à capter, à retenir ne
serait-ce qu’encore quelques instants ce qui m’est arrivé… » (66). Elle
montre que c’est difficile de spécifier une sentiment psychologique, mais on
peut essayer, et malgré aux mots qui n’expliquent pas parfaitement, on peut arriver
à une compréhension dont on parle. Les sentiments
échappent les mots mais, tout de même, elle captive bien les aspects dont elle
se souvient. Quand on fait une image très descriptive et détaillée qui exprime
une situation, on crée une image qu’un autre peut imaginer et presque sentir,
ou au moins comprendre l’expérience d’un autre. C’est un des buts
principaux de Sarraute, de prendre l’autre personne dans son souvenir et de
montrer et revivre l’expérience comme elle l’a vu.
Si
on peut faire cela, effectivement on montre le voyage de l’intérieur et on
partage une expérience réelle de soi-même. C’est une des raisons pour
lesquelles êtres humains sont des êtres ou des créatures sociales. Quand on
partage une expérience, on partage une moment ensemble et grâce à de cela, on devient plus
proche et plus vis- à-vis des autres. Mais souvent on a une expérience tout seul, et c’est difficile
de recréer cette expérience d’une façon que quelqu’un d’autre peut le
comprendre. C’est l’art de Sarraute et la beauté de son livre
« Enfance »
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